LIVE NIRVANA INTERVIEW ARCHIVE November ??, 1991 - Paris, FR

Interviewer(s)
Fréd
Cyril
Interviewee(s)
Krist Novoselic
Publisher Title Transcript
Premonition Nirvana Yes

Ce soir-là, nous avions rendez-vous avec Nirvana, mais la réciproque ne semblait pas être vraie. C'est donc à un Chris épuisé et ennuyé que nous avons tenté d’arracher quelques mots. Une (très) brève entrevue brutalement interrompue par ses deux compères, Kurt Cobain et David Grohl, venus le secouer avant d’aller se fondre dans quelque nuit parisienne, laissant vos serviteurs quelque peu déconfits. Les Nirvana auraient-ils déjà la grosse tête, ou ne doit on voir dans ce comportement qu’une expression très poussée de leur fameux humour cynique? La loire a peut être quelques côtés désagréables, mais elle est parfois si éphémère…

Chris, pas trop fatigué par toute cette promo?

Je suis crevé, j'y ai passé la journée!

Pourquoi avoir créé Nirvana? Une réaction contre le musique ambiante ou l’envie de faire des interviews?

Nous avions simplement envie de faire de la musique. Kurt moi voulions jouer du rock dans un groupe, alors nous avons créé les nôtre, sans aucune ambition vraiment réfléchie, juste une envie de fun.

Vous attendiez-vous à un tel cirque autour de vous?

Jusqu'à il y a deux mois, aucun d’entre nous n’aurait pu imaginer une chose pareille… Ca nous fait un peu peur, mais il suffit d'être prudents. Nous sommes, je crois, tout à fait conscients de ce qui nous arrive.

Le succès et l'argent transforment tous les groupes, bien qu'ils disent la même chose que toi au départ.

On sait où on est. De toute façon, on se fout de ce qui nous entoure, ça ne va pas nous tourner la tête. Tant mieux si cet hôtel est luxueux…

Vous avez tout de même changé de label pour signer sur une major.

Nous avions besoin et envie de plus de moyens et d'argent pour mieux produire notre musique. L'argent n'est pas nuisible! Sonic Youth a aussi signé sur une major, et leur dernier album est super. Ils n'ont pas perdu leur identité. Ce qui compte, ce sont les musiciens et la musique; tu ne risques rien si tu restes conscient.

Il y a deux écoles en ce moment, dont l’une prétend que le rock est mort. Qu’en penses-tu?

Oh, le rock n'est vraiment pas mort! On ne cesse de dire ça depuis les années 70, depuis qu’existent ces groupes-dinosaures. Mais ce n'est pas vrai, le rock se renouvelles tout le temps, que ce soit au niveau musique ou look. Il y aura toujours des jeunes qui auront des idées nouvelles et qui prouveront que le rock est bien vivant.

Peux-tu concilier le rock ‘n’ roll et une vie “normale”?

Qu’appelles tu “vie normale”? Mon mariage était juste pour moi une très bonne façon de concrétiser une relation avec quelqu'un. Et s’il y a aussi des raisons financières qui m’y ont poussé, le rock n'être pas en compte là-dedans! Même si ma vision de la vie normale n'est certainement pas celle de tout le monde, il n'y a pas d’incompatibilité entre le rock et ma vie privée.

Parlons influences…

Beaucoup de punk, et du hard-rock.

Et tu ecoutes quoi?

J’adore Sonic Youth, Pixies, mais j’aime aussi beaucoup la world music, la pop des sixties, les Beatles…

Si tu avais trois disques à offrir à quelqu'un qui n'y connaît rien en musique, lesquels choisirais-tu?

Un album des Beatles, un de Black Sabbath, et, euh, (longue hésitation)... un disque d’Andy Griffith.

Sur Nevermind, on relève des morceaux très différents. Avez-vous déjà réfléchi à votre orientation future?

Nous n'est calculons rien. Nous sommes très éclectique, très ouverts. Nous voudrions aller vers des choses beaucoup plus extrêmes…

Même de la dance-music?

Pourquoi pas? Il y a des choses intéressantes dans tous les genres.

Cut… à charge de revanche.

© Fred & Cyril/Premonition, 1992