LIVE NIRVANA INTERVIEW ARCHIVE November 23, 1991 - Gent, BE

Interviewer(s)
Bernard Dobbeleer
Interviewee(s)
Kurt Cobain
Publisher Title Transcript
Magazine Mofo TBC Yes (Français)
Popular 1 Entrevista Inédita Yes (Español)

Le succès actuel de Nirvana est-il un phénomène inexplicable ou est-ce, au contraire, le signe qu'une révolution est en marche dans le monde du Rock n' Roll? Pour salutaire que soit l'arrivée d'un groupe aussi viscéralement underground au sommet des charts mondiaux (« Smells like teen spirit », n°1 en Belgique : on n'avait jamais vu ça !), on ne peut quand même que s'interroger sur les causes de cet engouement sans précédent. Qu'une musique que l'on passe son temps à défendre sans réel espoir de la voir faire le ‘cross over’ se retrouve popularisée à ce point a de quoi surprendre.

Si Geffen, le label américain du groupe, qui ne pensait pas faire une si bonne affaire en rachetant leur contrat à Sub Pop, se frotte les mains à l'heure actuelle, une seule chose est sûre, tout le monde se perd en conjectures. Du journaliste rock moyen au programmateur radio, en passant par le groupe lui-même. Inutile d'ailleurs d'essayer de leur demander ce qui se passe, ils tentent de gérer ce qui leur arrive. En pleine tournée européenne, ils se sont retrouvés n° 1 aux States. Sur les genoux, les cordes vocales en sang, Kurt Cobain et ses acolytes vont devoir affronter une véritable Nirvanamania à leur retour au pays. Nous avons rencontré Kurt, le chanteur, guitariste et principal compositeur du groupe en novembre dernier. Quelques heures avant le concert/foire aux bestiaux accordé à Gand dans un Vooruit archicomble. Visiblement crevé, il passait le plus clair de son temps à se terrer dans un coin, évitant soigneusement les journalistes, laissant à ses deux collègues le soin de répondre brièvement à leurs questions. Plus chanceux que d'autres, nous parviendrons finalement à le coincer quelques minutes. Fatigué, grelottant dans un vieux pull troué, il n'a pas le profil d'un homme qui se retrouve soudain célèbre et millionnaire en dollars...

Je n'ai jamais considéré qu'accorder des interviews était particulièrement amusant ou fascinant. On s’y plie uniquement pour satisfaire la firme de disques parce qu'on a promis qu'on le ferait. On a accepté d'entrer dans ce business de merde et on joue le jeu. Mais dès que cette tournée sera terminée, on ne donnera plus d'interviews ; du moins on sélectionnera drastiquement. On choisira des fanzines ou des magazines spécialisés.

Ne considérez-vous pas qu'il est aussi important pour ceux qui aiment le groupe de pouvoir lire une interview de vous, de savoir qui vous êtes ? Vous estimez peut-être que la musique se suffit à elle-même...

C’est plus que suffisant. Je pense que notre musique possède assez d’émotion et de signification pour toucher les gens. Et en comparaison avec des tas de groupes, c’est bien plus qu’ils ne peuvent offrir. Il n’y a pas beaucoup de groupes qui me plaisent ; mais même dans ce cas, ça ne m’intéresse pas vraiment de savoir qui ils sont ou ce qu’ils pensent. Je ne suis touché que par leur musique… Je n’ai rien à faire avec eux, je n’ai aucune envie de les rencontrer personnellement.

Tu considères que les conversations que tu as avec les journalistes ne t’apportent pas grand-chose ?

Oui, je suis particulièrement étonné de voir à quel point ils manquent d’originalité, posent des questions inintéressantes. Ou même ne parviennent pas vraiment à entamer une conversation. Ils répètent tous les mêmes questions clichés, celles que, semble-t-il, le public a envie de voir posées. Je crois qu’on a donné assez d’interviews pour que les gens puissent avoir une vague idée de qui nous sommes, de ce que nous faisons. C’est d’ailleurs le même problème avec les fans qui viennent nous demander des autographes, je trouve ça stupide. En général, ils n’ont même pas envie de nous parler. La seule chose qui les intéresse est de ramener ce petit trophée ridicule. Personnellement, je n’ai jamais demandé d’autographe de ma vie…

Contrairement à Charles/Black Francis des Pixies et surtout Jay Mascis de Dinosaur Jr, pour qui les textes sont soit sans importance soit volontairement inaudibles, tu sembles accorder un certain crédit aux paroles des chansons. C’est du moins ce que tu as déclaré…

En fait je n’ai jamais dit une chose pareille. C’est ce que les journalistes ont écrit. Les articles où il est mentionné ce genre d’infos sont des extrapolations de ce que nous avons déclaré. En fait, je pense que les paroles ne sont qu’un bonus à la musique, un petit extra. On ne peut pas s’attendre à ce que des textes de chansons soient très intelligents. On doit respecter une structure qui te limite déjà très fort. Dans une chanson rock, on est beaucoup plus limité par les mots que par les notes.

Sur « Smells Like Teen Spirit », vous combattez pourtant l’apathie de certains teenagers qui ne s’intéressent qu’à la télévision…

Je n’aurais pas le droit de dire ça. J’ai pu dire quelque chose de ce genre et ça a été repris dans notre bio. Et je suis constamment obligé de me défendre contre cette idée. Une prise de position qu’on peut défendre à une occasion est terriblement exagérée. C’est quelque chose que je disais à un ami, pour le secouer, et, évidemment, l’info a été relayée et grossie par les médias. J’ai donc décidé que je n’avais plus rien à dire sur le sujet.

Penses-tu que le rock doit être rebelle ?

Je ne suis pas passif, certainement pas… mais j’aime des tas de groupes qui n’ont pas une attitude rebelle et ne montrent aucun sentiment ni émotion à ce sujet. Ils ne m’intéressent qu’à travers leur musique.

Quels sont les groupes que tu aimes ?

Mes groupes préférés sont Jad Fair, Beat Happening, les Pastels, Young Marble Giants… La plupart des gens s’attendent à ce qu’on écoute des trucs comme Godflesh…

Ou Blackflag…

J’aime beaucoup Blackflag, comme les Butthole Surfers, ils ont été de grandes influences. Il y a pas mal de groupes durs que j’aime mais pas trop de groupes contemporains dans ce genre, sauf The Melvins ou Jesus Lizard…

Le fait d’être maintenant sur un gros label vous oblige à accorder des interviews, faire des concessions, de la promo et tutti quanti...

On n’est pas obligés. On a accepté au début parce qu’on pensait que ça nous ferait pas chier. On ne savait pas à quoi s’attendre, on n’imaginait pas que l’on accorderait 10 interviews par jour. Et à des tas de magazines qui ne nous intéressent pas vraiment, comme ces revues heavy metal luxueuses sur papier glacé. J’aimerais mieux uniquement rencontrer des fanzines ! Mais malheureusement, les fanzines qui essayent de nous contacter à travers la firme de disques se font souvent jeter. Et on devra certainement réfléchir à cette situation lors de la prochaine tournée.

C’est un peu contradictoire puisque les fanzines sont un peu l’équivalent journalistique de ce que sont les petits labels indépendants. Et vous avez choisi d’être sur un gros label…

Ce qui ne signifie pas que je ne suis plus capable d’apprécier ça. La majorité de mes amis sont toujours sur des labels indépendants et les seuls trucs que j’aime lire sont des fanzines. Etre sur un gros label nous permet d’être mieux distribués, mais on a bien l’intention de toujours être en accord avec les choses dans lesquelles on croit. D’une certaine manière, la communication avec MCA/Geffen est mauvaise. C’est un label qui n’a évidemment que l’expérience de promouvoir des groupes très commerciaux…

Penses-tu que les gens qui aiment Nirvana aux Etats-Unis aiment le groupe pour les mêmes raisons que ceux qui l’apprécient ici ? En Europe, la plupart des gens ne comprennent pas les paroles des chansons…

C’est très bien ainsi ! J’aimerais pouvoir m’exprimer dans un langage bien à moi, que personne ne pourrait comprendre. Et je pense que nous aurions le même impact sur les gens avec notre musique. Les mots n’ont réellement aucune importance dans la musique. Ils peuvent toucher les gens mais c’est très rare. Si on a l’intention de toucher les gens avec des mots, on doit avoir un espace illimité pour le faire…

La version américaine de l’album comporte une chanson cachée qui n’est pas renseignée sur la pochette. Elle ne figurait pas sur les versions européennes au début, c’était délibéré ?

On ne voulait pas promouvoir cette chanson, on n’en a donc pas trop parlé et certains label-managers européens de BMG ne se sont pas rendu compte qu’il y avait une chanson supplémentaire après la fin de « Something In The Way ». L’idée était d’ajouter sur l’album une chanson susceptible d’être découverte peut-être des mois après avoir acheté l’album. Quand on en a presque marre de l’écouter, découvrir ainsi une nouvelle chanson peut être une bonne surprise, un cadeau…

Cet album est beaucoup plus intense que le précédent, les chansons sont assez différentes…

Je dirais que c’est une collection de chansons écrites sur deux ans. Il s’est passé des tas d’événements, on a engagé un nouveau batteur. La plupart des gens pensent que notre premier album était beaucoup plus agressif, qu’il avait plus d’énergie. Ils disent aussi que les deux albums sont très différents l’un de l’autre. Je ne suis pas du tout d’accord. Je pense qu’il y avait des hits en puissance, des hits évidents sur les deux albums…

La production a sans doute rendu cet album-ci plus accessible au plus grand nombre ; et puis votre vidéo passe sans arrêt sur MTV.

Pour ce qui est de la production, je connais des tas de groupes punks underground qui ont une production nettement plus clean que celle de « Nevermind ». Quand à MTV ou les radios plus commerciales des States, elles auraient diffusé les chansons de « Bleach » si on avait été sur un gros label. C’est ainsi que vont les choses. Bien sûr, la production, évidemment, est différente pour cet album. Le précédent avait été enregistré sur huit pistes, celui-ci sur seize…

Les filles arborent des symboles anarchistes dans la vidéo de « Smells Like teen Spirit », c’est une manière d’être subversif ?

Je ne pense pas que ces images aient un impact particulier sur les gens ou que ça soit subversif. Elles étaient simplement appropriées pour la vidéo, pour le texte. L’intention n’était pas d’être subversif…

Lors de vos concerts vous avez une attitude assez ‘destroy’, vous cassez vos instruments à la fin de chaque set. Une raison particulière ?

C’est un peu pour exorciser cette période de crise qu’on voudrait nous faire vivre. Nous sommes un groupe indépendant qui passe sur un gros label et c’est souvent ressenti comme une trahison. Des tas de groupes, d’amis ont tenté de nous dissuader de quitter Sub Pop, alors on leur montre qu’on est plus incontrôlables et plus ‘destroy’ que jamais… Quoi que nous fassions, nous voulons garder l’esprit punk qui nous animait au début. Le rock’n’roll est devenu aujourd’hui un produit de consommation courante, tout le monde écoute du rock, les avocats, les chefs d’entreprises… ça ne dérange plus personne. On espère que le rock underground va réveiller un peu les Kids, leur donner l’envie de vivre autre chose qu’une vie conformiste… ‘Birth, school, death’. Voilà la vie de la plupart des gens, c’est d’un triste…

© Bernard Dobbeleer, 1992

LO HICIMOS EN ENERO CON AXL ROSE. COINCIDIENDO CON LA PUBLICACIÓN DEL ÚLTIMO LP DE GUNS N' ROSES OS OFRECIMOS UNA VIEJA ENTREVISTA DEL 88 EN LA QUE AXL SE MOSTRABA SORPRENDIDO AL CONTEMPLAR LO RÁPIDO QUE EMPEZABA A IR LAS COSAS PARA ÉL Y EL GRUPO. SEIS AÑOS DESPUÉS DE AQUELLA CONVERSACIÓN, LA SITUACIÓN HA CAMBIADO TANTÍSIMO CON RESPECTO A GUNS N ROSES, QUE RESULTABA MUY CURIOSO LEER SUS DECLARACIONES. AHORA REPETIMOS LA EXPERIENCIA CON KURT COBAIN, AUNQUE EN SU CASO LA ENTREVISTA EN CUESTIÓN TIENE MÁS INTERÉS, YA QUE ES TOTALMENT INÉDITA, JAMÁS HABÍA SIDO PUBLICADA. BERNAR DOBBELEER, AMIGO DE NUESTRO CORRESPONSAL EN BÉLGICA LAURENT RODRIGUEZ, ENTREVISTÓ A KURT EN EL 91, CUANDO LA LOCURA DEL ÉXITO EMPEZABA A TRASTOCAR SU VIDA. ERA EL INICIO DE UN PERÍODO DE DOS AÑOS INFERNALES QUE DESEMBOCARÍAN EN LA TRAGEDIA CONOCIDA POR TODOS.

Agosto 91. Un mes antes de la salida de su Lp “Nevermind”, Nirvana actuaban en Bélgica en el Pukkelpop Festival... El grupo no estaba en el cartel porque había reemplazado en el último momento a los Limbomaniacs. Después de su concierto, los tres amigos se pasearon por el backstage, matando el tiempo con bromas y esperando con ansiedad las actuaciones de Dinosaur Jr. y Sonic Youth. Imágenes que no se repetirían en el futuro por culpa del éxito.

Recuerdo que había visto a Kurt preparándose para tirar litros de agua sobre los periodistas y fotógrafos presentes en el frontstage, antes de la intervención de los miembros de seguridad. Se respiraba un ambiente divertido. sin tensiones de ningún tipo. Nirvana todavía era un humilde grupo punk rockero, aunque el estrellato estaba a punto de llamar a su puerta.

En el mes de noviembre del mismo año. Nirvana volvieron a Bélgica para actuar en la sala Vooruit. Como siempre, me apresuré a pedir una entrevista a la compañía. Pero ahora ya empezaba a ser difícil acceder al grupo. “Nevermind" estaba pegando fuerte y la prensa se había interesado por Nirvana. Esto provocó que más de diez periodistas nos pasásemos toda la tarde del 23 de noviembre del 91 esperando a que se presentase una oportunidad de hablar con la banda. El hombre de Geffen encargado de gestionar las entrevistas nos Informó de que Novosellc y Grohl estaban disponibles, pero que sin embargo sería imposible hablar con Kurt Cobain. El cantante y guitarrista estaba encerrado en los camerinos con una mujer que en aquella época no interesaba a nadie: Courtney Love, que iba de telonera con su grupo todavía desconocido, Hole. Por suerte yo me encontraba cerca de los camerinos cuando vi a Kurt salir diciendo: “mira, voy a hacer una entrevista" en tono sarcástico. El Kurt de esa tarde, con pinta de estar asqueado y paranoico, poco tenía que ver con el Kurt jovial y sonriente del Pukkelpop Festival, tres meses antes. Las presiones de la prensa empezaban a resultar agobiantes.

Estás encerrado en el camerino desde el mediodía. ¿Evitas a los periodistas?

“Nunca ha considerado qua dar entrevistas sea algo agradable o fascinante. Lo hacemos sólo porque le guata a la compañía y porque se lo habíamos prometido a ellos. Hemos aceptado entrar en este business de mierda y tenemos que hacer nuestro papel. Pero te puedo decir que cuando esta gira se acabe nunca más daré una entrevista, o por lo menos seleccionaré al máximo. Elegiremos sólo a los fanzines o magazines especializados”.

¿Pero no piensas que representa algo importante para la gente poder leer entrevistas con vosotros para conocer más de cerca vuestra ideología? ¿Piensas que tu música es lo único que tiene importancia?

“Es más que suficiente. Pienso realmente que nuestra música tiene emociones y significados suficientes para tocar y emocionar a la gente. Cuando veo a otros muchos grupos... Nosotros damos realmente muchísimo en nuestra música. La verdad es que no hay muchos grupos que me gusten, pero de todas maneras no me interesa saber lo que piensan o lo que son de verdad. Lo que me emociona es la música, nada más, no necesito conocerles, no me importa”.

Las conversaciones con los periodistas no parecen aportarte nada

“No. Estoy asombrado de ver la falta de originalidad o falta de preguntas interesantes. A veces no son capaces de charlas, o simplemente te hacen las mismas preguntas cliché, y lo peor es que parece que son esas preguntas tontas las que gustan a la mayoría del público. Creo que hemos dado suficientes entrevistas como para que la gente nos conozca un poco, o por lo menos para hacerse una idea de lo que hacemos. Tenemos el mismo problema con los fans que nos piden un autógrafo... Es increíble, ellos quieren solamente una puta firma, ¡¡es tan ridículo!! En general no les interesa hablar con nosotros, sólo les interesa volver a casa con un jodido papelito con nuestra firma. Nunca le he pedido a nadie un autógrafo”.

Pareces dar una cierta importancia a tus letras, por lo menos es lo que aparece en tu biografía...

“En realidad, nunca he dicho eso. Es una especie de invención de algunos periodistas. Pienso realmente que los textos son una cosa más para la música, como un bono extra. La gente no tiene que esperar que los textos sean interesantes, respetamos una estructura que está muy limitada. En una canción rock estamos más limitados por los textos que por las notas”.

Con "Smells Like Teen Spirit", atacas esa especie de apatía de algunos teenagers que están interesados sólo por la televisión...

“No tengo derecho a decir eso. He dicho algo parecido que ha sido escrito en nuestra biografía y supongo que estoy obligado a defender esta idea. Dije algo en una ocasión precisa y todo fue exagerado. Es algo qué le explique a un amigo y como siempre la prensa lo sacó de contexto. He decidido que no tengo nada que decir sobre ese asunto y punto”.

¿De una manera general piensas que el rock debe tener una actitud rebelde?

“No soy pasivo, desde luego no lo soy, pero me gustan muchísimos grupos que no tienen esa actitud, que no demuestran emociones o sentimientos. Muchos grupos me interesan sólo por su música”.

¿Cuáles son tus grupos favoritos?

“Mis favoritos son Beat Happening, Pastéls, Young Martble Giant... La mayoría de la gente está pensando que nos gustan grupos como los Godflesh”.

O Black Flag.

“Me gusta muchísimo Black Flag, como los Butthole Surfers o Minor Threat, son mis mayores influencias. La mayoría de los grupos que nos gustan son antiguos, aparte de los Melvins y los Jesús Lizard”.

El hecho de haber firmado con una multinacional os ha obligado a dar entrevistas, hacer promoción, ¿cómo vivís todo eso?

“No estamos obligados, hemos aceptado al principio porque nunca habíamos pensado que sería tan pesado. Es que no sabíamos a lo que nos estábamos enfrentando: 10 entrevistas diarias. Y lo peor es que damos entrevistas a muchos magazines que no nos interesan, como todas esas revistas de heavy metal impresas en papel de lujo. Quiero dar entrevistas sólo a los fanzines, pero sabemos que cuando ellos intentan ponerse en contacto con nosotros, Geffen los rechazan. Tengo que hacer algo en la próxima gira para cambiar esto”.

Los fanzines trabajan con sellos independientes, y las multinacionales lo hacen con las revistas, entonces es una situación normal...

“Esta situación no quiere decir que sea incapaz de apreciar una entrevista con un fanzine, la mayoría de mis amigos se quedan en sellos pequeños y lo único que me gusta leer son los fanzines. Estar en Geffen/MCA nos permite tener una distribución perfecta, pero tenemos la intención de permanecer fieles a lo que pensamos”.

En Europa muchos de vuestros fans no entienden tus letras, ¿qué piensas de eso?

“¡¡Me encanta!! Alguna vez me encantaría hablar en un lenguaje propio que nadie pudiera entender y estoy casi seguro de que tendremos el mismo impacto con nuestra música. Las letras no tienen ninguna importancia en la música, pueden emocionar a veces pero si quieres tocar a la gente con las palabras debes tener un espacio sin límite, sin restricciones, es decir, escribir libros”.

La versión americana de vuestro Lp. tiene una canción (Endless, Nameless) que no aparece en la portada (contra portada). No estaba en la versión europea. Explícame por qué.

“No quería promocionar esta canción, por eso nunca he hablado de ella y algunos mánagers de BMG no se han dado cuenta de que existía este tema (canción) extra después de “Something In The Way”. La Idea era poner una canción que la gente pudiera descubrir meses y meses después de la compra del disco. Así parecería una sorpresa, un regalo”.

Este Lp es mucho más intenso que el antiguo, las canciones son diferentes...

“Describiría este Lp como una colección de canciones escritas durante los dos últimos años. Han pasado tantas cosas, tenemos un nuevo batería, la mayoría de la gente piensa que nuestro primer trabajo era mucho más agresivo, que había más energía. Dicen también que los dos discos son muy diferentes, no estoy de acuerdo en ningún caso. Pienso que el anterior tenía también algunos hit singles”.

La producción de “Nevermind” parece más accesible, y vuestro video lo ponen todo el día en la MTV.

“Conozco muchos grupos punks que tienen una producción mucho más limpia que la de “Nevermind". Lo de MTV o las cadenas de radios es lo que pasa siempre, ahora todos los grandes medios ponen nuestras canciones porque estamos en una compañía grande. Si “Bleach" hubiera sido publicado por una multinacional, habría pasado lo mismo. La diferencia de sonido se debe a que este disco lo hemos grabado con un 16 pistas y el “Bleach ” en un 8 pistas”.

Las chicas con el símbolo de la anarquía que salen en el video de “Smells” le dan un toque subversivo...

“No lo planificamos así. Son solamente imágenes apropiadas para la canción, nada más. La intención no era ser subversivos”.

En vuestros directos (conciertos) tenéis una actitud muy destructiva, muy punk.

“Es un poco una manera de olvidar este período de crisis que estamos viviendo. Somos un grupo independiente que ha firmado con una multinacional, es una especie de traición. Muchos grupos y amigos han intentado disuadirnos para que nos quedáramos en Sub Pop, por eso ahora les demostramos que somos cada día más destroyers. Nos puede ocurrir cualquier cosa, pero intentaremos conservar el espíritu punk que hemos tenido desde el principio... El rock’n’roll se ha transformado en un producto de consumo. Todo el mundo escucha música rock, los abogados, los yuppies, los jefes... El rock no molesta a nadie. Esperamos que un día el rock underground empuje otra vez a los chavales a moverse y abandonen esa actitud conformista. Birth, School, Work, Death (Kurt menciona el título de uno de los discos de los Godfathers) eso es la vida para la mayoría de la gente, es realmente triste…”

© Bernard Dobbeleer, 1994